mardi 9 octobre 2007

L'arrivé d'un inconnu

Les paysans travaillaient leurs terres avec la même ardeur que d’habitude. Tandis que les aînés fumaient tranquillement leurs pipes sur les terrasses des auberges de la place publique en ce racontant leurs glorieuses batailles de jeunesses, les enfants couraient, criaient et jouaient entre eux à imiter des soldats à la guerre. La journée allait bon train et les gens du royaume de Fyarama attendaient patiemment la venue d’un nouvel allié de Ume Oiroke.
Le crépuscule se faisait voir, le début de la nuit se sentait, seul les gardes de la ville étaient encore dehors. Soudain, l’immense son d’un cor fit irruption dans le silence serein. Les rares personnes qui étaient restés dehors levèrent les yeux dans la direction du bruit. L’étonnement se lisait sur leur visage ! La raison était simple, un cavalier filait, sur un dragon d’os en armure, vers le sol à une vitesse fulgurante. La monture retroussa finalement les ailes pour pouvoir atterrir juste devant les grandes portes d’acier du manoir. Le cavalier descendit noblement du dragon et demanda aux deux gardes surpris de le mener à la détentrice du manoir.
Le nouvel arrivant suivit donc les gardes à travers le grand hall. L’immense salle démontrait, avec les grandes bannières symboliques que l’on porte lors de batailles et les statues d’anciens héros de celles-ci, toutes les richesses historiques de son hôte. Puis, les longs couloirs, arborant des vieux tableaux d’ancêtres, furent les chemins qui menèrent finalement à la salle de réception, où l’attendait une jeune femme, visiblement la gardienne, légèrement surpris par l’allure de l’inconnu.
La jeune femme amorça la discussion :


Bonjour étranger, puis-je savoir qui vous êtes? Je ne tolérais pas un inconnu dans la demeure de la maîtresse Oiroke lors de son absence!


Dans un sourire aimable, et étrange si on considère son style de parures plutôt noires et orné de symboles morbides, l’homme pris une grande respiration et commença d’une voix enthousiaste :

Je me nomme Gorkyan Al’thragur, et je voudrai avoir un entretien avec Ume. Si vous voulez que je me présente, je ne le ferai pas à moitié. Je ne pourrai me présenter qu’en faisant un résumé de mes buts et objectifs…Je commencerai donc avec la base de ma vie : la mort.

L’interrogation parcourue le visage de la jeune femme. Le descendant Al’thragur commença:


J’espère que vous avez un peu de temps, car ce sera un peu long…
Oui, mais je vous conseil d’être pertinent! répondit-elle.


Gorkyan se racla la gorge. Il leva ses yeux couleur ébène :


Nombres de gens, qu’ils soient de pauvres mendiants quêtant sur le trottoir, des marchants venant de loin pour vendre quelques denrées rares, des bourgeois ou des nobles qui eux se prélassent dans leur luxurieuse situation, ou encore de fiers guerriers côtoyant une multitude de dangers dans de grandes et glorieuses aventures, tous redoutent la même chose, la mort. Dans plusieurs contrées, de vils gens vont jusqu’à donner la mort aux autres pour ne pas la recevoir, c’est peut-être là l’unique chose que ces malfrats ont à offrir.
Sinon, qu’est-ce que la mort ? Le point final ? L’ultime moment tant redouté où toutes choses prennent enfin leurs sens ?
Pour certain, la mort est quelque chose d’affreux, d’inéluctable et d’irréversible. Ce sera la fin de leur grande et glorieuse vie ou de leur pauvre et misérable existence. Pour d’autres, c’est une délivrance, une délivrance qui les retira à une vie exécrable, remplie de souffrances et de malheurs qui menaient indubitablement à un désespoir quasi-total. Plus rare cependant, il y en dans les pays plus orientaux qui se donnent la mort pour une raison purement d’honneur, ils n’arrivent pas à vivre entourés de la honte qui pèse sur eux.
La mort est le dernier engrenage de l’horloge de la vie, et si on dit qu’une horloge n’est rien si il manque une pièce, on peut dire la même chose pour la vie : elle n’est rien sans la mort, car c’est elle qui fait que la vie est précieuse. Pour moi, la mort c’est la vie ! De celle-ci s’écoule une substance incomparable, un mélange d’ambition et de grandeur, il faut bien sûr savoir l’apprêter, mais c’est de là qu’en découle toute mon énergie, ma raison d’être. J’y forge ma puissance et ma réputation. Je la manipule de mes mains, tout en restant loin d’elle. Je la nourris. Je la gave de nouvelles âmes, et elle, elle me laisse les cadavres, le cœur encore battant.
Le pouvoir m’a toujours intéressé et lorsque j’ai découvert l’intriguant monde des morts et l’étonnante capacité de puissances qu’il pouvait me procurer, j’ai sacrifié toute une partie de ma vie sans hésitation, j’ai érigé plusieurs bâtiments honorifiques à l’égard de la mort et j’ai subi de grosses épreuves pour l’obtention directe de plusieurs pouvoirs tant désirés. Il ne me restait plus qu’à acquérir de l’expérience. Pour elle, j’ai parcouru des sols inconnus, au-dessus comme en dessous de la surface, traversant maintes dangers et multiples épreuves. J’y fis des rencontres immondes comme je connus des surprises gratifiantes. La mort ne suivait où que j’aille uniquement pour que je puisse mettre mon talent à l’œuvre : faire vivre les morts ! Mes ambitions m’emmenèrent à désirer un contrôle absolu de mon domaine. Ce contrôle, je l’espérais aux creux de mes mains pour le manipuler à ma guise, comme plusieurs autres êtres vivants. Moi, contrairement à eux, j’avais des avantages dont ils ne bénéficiaient pas, c’est-à-dire de posséder un goût apaisant pour la mort de l’ennemi, un plaisir enivrant à tuer l’invincible, une envie irrésistible du risque et primordialement, la mort ne m’inspirait aucune peur, aucun souvenir, aucune terreur.
Je préfère dire que je vis dans la neutralité, pour la simple raison que toutes allégeances ont leurs bons cotés. J’aide et défends tous ceux qui peuvent me dire qu’ils feront la même chose pour moi.
J’aide la mort, parce qu’elle m’aide. Je défends mes alliés car je sais que lors de problèmes, ils seront derrière moi. Je suis le maître des morts et le seigneur d’un royaume maudit, mais je serai toujours un allié utile à vos cotés.
Voilà ce que je représente, ce que je suis.


Gorkyan s’enveloppa d’un silence. Un léger murmure accompagna son geste. Il attendait patiemment la réaction de son interlocutrice. Elle semblait surprise et contente.


Je vais envoyer une missive à Ume pour l’informer de votre arrivé. Bienvenue Gorkyan Al’thragur.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

WOW :D je commente juste pour te contredire et je vais lire demain ! donc voila mon commentaire :

Même lorsque nous sommes aveugles, certaines choses restent bien claires.

HOP :D je t'aime !!! <3

Le librophile a dit…

Je dois dire que tu me suprend avec ce commentaire!

"Même lorsque nous sommes aveugles, certaines choses restent bien claires."

Bien dit!

J'attend demain avec impatience pour ton commentaire!

Anonyme a dit…

Tiens un nouveau début pour un ancien texte ? Et ton personnage de Nécromant à changé de nom ?? Ahlala!! J'te dis, tu n'y vas pas de main morte.

Sincèrement, malgré plusieur coquilles, je préfère cette histoire là avec cette nouvelle manière de la présenté. Je veux dire, on profite plus de l'histoire du mec maintenant qu'elle est mise en contexte. Elle la justifie bien et donne une certaine utilitée. Enfin je suis pas sure de vraiment bien me faire comprendre... T_T

Finalement ( yo, j'ai l'impression d'écrire un texte argumentatif XD ) je dois absolument te dire que cette phrase: « Je commencerai donc avec la base de ma vie : la mort. » C'est vraiment trop la classe!!!

Le librophile a dit…

Oui, j'ai chagé, et le début, et le nom du personnage...Je les aimes mieux comme cela!

Merci beaucoup pour ce magnifique commentaire!

Anonyme a dit…

Bon, voilà mon commentaire petit Bambino!
Cela va paraître redondant par contre, je vais te répèter ce que je te dis constamment! Tu écris bien!!! et je t'ai déja dis que lire tes trucs ce n'est PAS une corvée??!!!